Musée & Musique Instruments du monde

Exposition itinérante d’instruments : comment ça marche

Une exposition itinérante d’instruments, c’est une collection qui tient dans un camion et qui s’installe pour deux jours ou pour trois mois dans une médiathèque, une mairie, un conservatoire ou un hall de collège. Le format existe en France depuis les années 1990 et il reste la façon la plus simple de faire voir des instruments du monde à un public qui n’ira jamais au musée.

Ce que contient une exposition itinérante

L’ordre de grandeur habituel va de cinquante à deux cent cinquante pièces. En dessous de cinquante, l’accrochage manque de souffle et le visiteur fait le tour en cinq minutes. Au-delà de deux cent cinquante, la logistique et l’assurance deviennent lourdes pour une structure d’accueil moyenne.

Le choix des pièces suit en général l’une de deux logiques. Soit un parcours par familles organologiques, idiophones, aérophones, membranophones et cordophones, qui explique comment le son est produit et qui fonctionne très bien avec des scolaires. Soit un parcours par aires culturelles, Afrique, Asie, Amériques, Europe, Océanie, qui parle davantage aux visiteurs adultes et se prête aux rapprochements avec les collections d’arts et traditions populaires.

Un troisième cas existe : l’exposition thématique, resserrée sur un sujet précis. Les instruments à vent, la lutherie d’un pays, les percussions rituelles, les instruments d’un même matériau. C’est le format le plus exigeant à monter, et souvent le plus mémorable.

Ce que la structure d’accueil doit prévoir

Les besoins techniques sont toujours à peu près les mêmes, et ce sont eux qui font échouer un projet quand ils sont sous-estimés.

  • La surface. Compter environ un tiers de mètre carré par pièce exposée pour un accrochage confortable, circulation comprise. Une exposition de cent cinquante instruments demande donc une salle d’au moins cinquante mètres carrés.
  • Le mobilier. Vitrines, tables, grilles, caissons, mains courantes. La règle constante est que les pièces doivent rester hors de portée tactile du public, sauf les instruments explicitement prévus pour la manipulation.
  • L’assurance. C’est l’emprunteur qui assure le local contre le vol, l’incendie et les dégâts des eaux, sur la base d’une liste de valeurs établie par le prêteur, pièce par pièce.
  • Un espace d’animation. Une estrade, un coin de scène ou simplement une zone dégagée avec des sièges ou un tapis, pour les démonstrations commentées.

Les démonstrations changent tout

Une exposition d’instruments muets reste une exposition d’objets. Ce qui la transforme, c’est le moment où quelqu’un fait sonner une dizaine de pièces devant le public.

Deux solutions coexistent. Le prêteur envoie un guide-musicien avec la collection, ce qui garantit un discours juste sur des instruments parfois fragiles ou contre-intuitifs à jouer. Ou bien la structure d’accueil engage son propre intervenant, formé rapidement par le prêteur sur un sous-ensemble d’instruments manipulables. La seconde solution coûte moins cher sur une longue durée, la première est plus sûre sur une exposition courte.

Les publics qui empruntent ce format

Les emprunteurs habituels sont les mairies et les médiathèques, les conservatoires et les écoles de musique, les collèges et lycées, les maisons de l’artisanat et des métiers, les offices de tourisme, les comités d’entreprise et les centres de loisirs. Le public réel est souvent scolaire en semaine et familial le week-end, ce qui suppose deux niveaux de médiation.

Les fiches pédagogiques par instrument, avec un document sonore associé, sont le complément qui fait la différence pour les enseignants. Sans elles, la visite scolaire retombe vite sur de la contemplation silencieuse.

Combien ça coûte

Il n’y a pas de tarif public applicable, et nous nous garderons d’en inventer un. Le prix dépend de la durée, du nombre de pièces, de la présence ou non d’un guide, du transport et du montage. Les prêteurs travaillent au devis. Ce qu’on peut dire, c’est que le poste transport et le poste assurance pèsent souvent autant que la location elle-même, et qu’ils sont systématiquement oubliés dans les premiers budgets.

Où voir des collections d’instruments du monde

Le musée d’Anduze, dans le Gard, fait partie des fonds français qui pratiquent ce format depuis longtemps : nous lui consacrons une page dédiée. Pour comprendre ce que vous regardez une fois sur place, notre rubrique sur les familles d’instruments donne les repères en quelques minutes.